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2012

Que ferions-nous à la place des Israéliens?

Avec la chute de missiles sur Tel Aviv et Jérusalem, la crise au Proche-Orient a pris un tournant extrêmement grave. Cela signifie que, désormais, une majorité de la population israélienne est soumise à la menace d'engins de mort toujours plus puissants. La population de Gaza vit assurément dans une misère noire, et l'Etat, ou ce qui en tient lieu, ne fait pas grand chose pour elle. Mais il peut néanmoins importer des armements lourds, toujours plus puissants, fournis par les Etats qui appellent à un nouvel Holocauste,' au premier rang desquels l'Iran.

 

Jusquoù ira cette escalade? Les dirigeants israéliens peuvent-ils rester des observateurs passifs de cette montée en puissance de ceux qui veulent détruire leur pays? Que ferions-nous à leur place? En général, on se dit que celui qui tire le premier n'a pas à se plaindre de subir des représailles : ainsi, il n'est pas surprenant que les centaines de roquettes tirées sur Israël cette année amènent à une riposte graduée; graduée, en ce sens que plus les missiles gagnent en portée et en puissance, ce qui est le cas depuis ces derniers jours, plus la riposte doit être forte.

 

Or, selon M. Tariq Ramadan, longuement interviewé par «La Première», les roquettes n'ont aucune importance ! La seule chose qui compte; ce sont les drones israéliens et leurs frappes ciblées, l'élimination des fauteurs de guerre du Hamas. En d'autres termes, et quoi qu'il arrive, Israël est toujours fautif, toujours coupable, par définition puisque pour le monde arabo-musulman, il ne devrait pas exister.
 

 

 

Un autre tournant incontourable, c'est l'attitude de l'Egypte, qui prend fait et cause moins pour les Palestiniens que pour le Hamas, la frange extrémiste qui veut jeter les Juifs à la mer. On imagine mal, dans ces conditions, que l'Egypte surveille sérieusement l'intense trafic d'armes qui se produit entre le Sinaï et Gaza - un sujet qui semble ne pas intéresser beaucoup l'ONU, plus prompt à voter des condamnations redondantes envers Israël. En clair, et bien que la Syrie soit hors-jeu pour cause de guerre civile, on pourrait discerner dans les derniers événements les prémisses d'une nouvelle guerre du monde arabo-musulman contre Israël, avec en avant-garde le Hamas à Gaza, et derrière l'Iran qui tire les ficelles, en attendant de tirer des missiles.
 

 

Ces prochains jours, nos journaux porteront un regard que l'on sait déjà sévère sur la probable intervention terrestre israélienne à Gaza, visant à démanteler les arsenaux que le Hamas dissimule dans les habitations, les écoles et les bâtiments publics. Mais un pays en guerre, dont la population souffre chaque jour de bombardements intempestifs, ne peut pas se payer le luxe d'être sensible aux états d'âme de commentateurs en chambre qui n'ont jamais reçu la moindre roquette sur leur belle maison, ou de Sermons sur des solutions diplomatiques dont chacun sait qu'elles n'existent pas.

 

Par Philippe Barraud, journaliste. Article paru dans Le Nouvelliste, 20 novembre 2012.
 

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