Jun

26

2018

Le camp de concentration du Struthof porte le label du patrimoine européen

L'ancien camp de concentration de Natzweiler-Struthof vient de recevoir officiellement le "Label du patrimoine européen". Entre 1941 et 1945, 52.000 personnes ont été détenues dans l'unique camp de concentration nazi présent sur le territoire français. 22.000 y ont perdu la vie.

Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Armées, était invitée ce dimanche 24 juin à la cérémonie nationale du souvenir, au sein de l'ancien camp de concentration de Natzweiler-Struthof, près de Schirmeck, à l'ouest de Strasbourg. Elle en a profité pour dévoiler la plaque du "Label du patrimoine européen", que le site vient de se voir décerner. Cette distinction braque aussi les projecteurs sur un site haut-rhinois, Urbès, sur celui de Queuleu, en Lorraine ainsi que sur une douzaine de sites du Bade-Wurtemberg.

Une constellation de camps nazis

Le camp de Natzweiler-Struthof, est, rappelons-le, l'unique camp de concentration nazi installé sur le territoire français. A l'époque, l'Alsace était annexée par l'Allemagne. 52.000 déportés, en tout, ont été internés dans le camp de Natzweiler-Struthof entre 1941 et 1945. 22.000 y ont perdu la vie. Le camp alsacien était le maillon central d'une nébuleuse de camps secondaires, de dimension variable. L'industrie allemande y puisait de la main d'oeuvre pour ses usines. Il a aussi abrité les expérimentations mortelles menées par des professeurs de médecine qui appartenaient à l'Université du Reich de Strasbourg.

Des prisonniers venus de toute l'Europe

De nombreux détenus ont transité par le camp alsacien avant d'être internés à Dachau. C'est le cas de Pierre Rolinet, président d'honneur de l'Amicale de Natzweiler-Struthof, présent ce dimanche malgré ses 96 ans. Il reste très attaché à ce devoir de mémoire, tout comme Jean Villeret, né lui aussi en 1922, qui arborait lors de sa cérémonie la tenue rayée des déportés.

Lors de sa détention au Struthof, Jean Villeret portait sur son dos l'inscription N-N, comme "Nacht und Nebel", nuit et brouillard, un sigle qui le vouait à une mort certaine. Lors des commémorations, il ressort le pantalon rayé qu'il portait à Dachau et à Allach, lorsqu'il travaillait pour l'industrie allemande. La veste de son uniforme appartenait à l'un de ses amis, décédé depuis.

38 sites européens, seulement, bénéficient de ce label du patrimoine européen, dont quatre en France. Le Centre européen du résistant déporté abrite par ailleurs depuis ce dimanche une exposition de tableaux, dix grandes toiles réalisées par des duos de peintres allemands et français, pour saluer la réconciliation entre leurs deux pays. Six autres sont exposées à Stuttgart.

 

Source : francebleu.fr, 24 juin 2018



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