Jan

27

2007

Pour ne pas oublier... Jamais !

Dans la rubrique «Dialogue» de la Tribune de Genève parue le 27 janvier, Me Philippe A. Grumbach, Président de la CICAD a rappelé le bien-fondé de la Journée de la Mémoire de l'Holocauste, commémorée ce 27 janvier.

 

«Pourquoi une commémoration annuelle? Parce que: «les génocides du Cambodge et du Rwanda n'auraient jamais dû avoir lieu, et ce qui se passe au Darfour, dans l'indifférence générale, ne devrait pas se produire. Le monde ne tirera donc jamais les enseignements de ce qui s'est passé à Auschwitz et dans les autres camps de la mort?», regrettait Elie Wiesel, Prix Nobel de la paix et rescapé des camps de concentration nazis.

 

Le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau reste un symbole fort du crime le plus odieux commis dans l'histoire de l'humanité. C'est la raison pour laquelle la date de sa libération a été retenue par de nombreux Etats européens pour commémorer la Mémoire de la Shoah.

 

En Suisse, les directeurs cantonaux de l'instruction publique ont décidé en 2004 de dédier le 27 janvier à une «Journée de la Mémoire de l'Holocauste et de la prévention des crimes contre l'humanité» dans les établissements scolaires des cantons.

 

La journée du 27 janvier a également pour objet d'évoquer les autres génocides qui marquèrent le XXe siècle.

 

Cette réflexion voulue par l'enseignement public doit être saluée et encouragée car nous demeurons convaincus que l'outil pédagogique demeure la meilleure réponse à la prévention du racisme, de la xénophobie et de l'antisémitisme.

 

Nous savons, en effet, que le savoir est le meilleur combat contre l'ignorance, que l'ignorance engendre la peur de l'autre et que la peur de l'autre produit la violence et l'intolérance.

 

La journée du 27 janvier doit également nous permettre de rendre un hommage appuyé aux Justes parmi les nations, ces héros non juifs qui, par leurs actes, par leur courage et au risque de leur propre vie, sauvèrent de nombreux Juifs d'Europe de la barbarie nazie.

 

La CICAD publiera prochainement un ouvrage consacré aux Justes de Suisse, sous la direction de M. Wisard, afin d'honorer leur mémoire.

 

Le Talmud nous rappelle que «celui qui sauve un être humain sauve l'univers tout entier». A l'occasion de cette commémoration, n'oublions pas que le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad a réitéré ces derniers mois, à maintes reprises, son souhait de voir l'état d'Israël rayer de la carte.

 

N'oublions pas qu'il a organisé une conférence antisémite à Téhéran en décembre dernier, laquelle rassemblait de nombreux négationnistes venus le soutenir dans sa volonté de minimiser ou de nier les crimes commis par la barbarie nazie.

 

N'oublions pas que récemment l'Ambassadeur d'Iran à Genève a adressé un courrier au Conseil des Droits de l'Homme pour justifier la conférence de Téhéran.

 

Au nom des valeurs que nous partageons tous, nous attendons du Conseil fédéral qu'il dénonce avec la plus grande fermeté le discours haineux, négationniste et antisémite des autorités iraniennes.

 

Nombreux sont ceux, qui ont préféré le silence à la mobilisation. Les intentions du président iranien sont claires. N'ayons pas peur des mots, il s'agit d'un nouvel Hitler. Nous estimons qu'il est temps que nos autorités fassent entendre leur voix. Nous estimons qu'il est temps que notre ambassadeur à Téhéran soit rappelé en signe de protestation.

 

N'oublions pas, enfin, que certaines voix s'élèvent dans notre pays pour demander l'abrogation de l'article 261 bis du Code pénal suisse sanctionnant la discrimination raciale; disposition qui fut adoptée au suffrage universel par le peuple suisse au mois de décembre 1994.

 

N'oublions pas que la Cour européenne des droits de l'homme a considéré que la justification d'une politique pronazie ou toute tentative de réhabilitation du régime national-socialiste ne saurait bénéficier de la protection de l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme qui consacre la liberté d'expression.

 

La journée du 27 janvier doit aussi servir à rappeler ces principes».

 

Tribune de Genève - samedi 27 janvier 2007

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