Jan

26

2011

Le rapport Bergier pas assez présent dans les manuels scolaires

La CICAD communique l’occasion de la journée internationale de la commémoration de l’Holocauste du 27 janvier.

 

1. S’évertuer à vouloir exclure des manuels scolaires les résultats des travaux de la Commission Bergier est une insulte faite aux victimes. Une insulte à notre histoire collective.

 

2. Johanne Gurfinkiel, Secrétaire général de la CICAD, était l’invité de Pascal Décaillet dans « Genève à chaud » sur « Léman Bleu » hier soir, afin de parler de la Journée internationale dédiée à la mémoire de l'Holocauste et à la prévention des crimes contre l'humanité. (à partir de 21’47’’)

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1. S’évertuer à vouloir exclure des manuels scolaires les résultats des travaux de la Commission Bergier est une insulte faite aux victimes. Une insulte à notre histoire collective.

Cette journée est l’occasion de rappeler le souvenir de l’extermination de millions d’hommes et de femmes, juifs et non juifs, qui périrent durant la Shoah.

 

En Suisse, dans le sillage d'une résolution des Ministres européens de l'éducation, les Directrices et Directeurs cantonaux de l'Instruction Publique ont décidé en 2004 de dédier une journée à "la mémoire de l'Holocauste et la prévention des crimes contre l'humanité" dans les écoles suisses. La date du 27 janvier a été retenue en rappel de la libération du camp de concentration d'Auschwitz par l'Armée Rouge, le 27 janvier 1945.

 

En lieu et place de manifestations nationales, des activités éducatives sont consacrées à ce thème dans les établissements scolaires. La CICAD tient à saluer et à féliciter les cantons qui organisent année après année des manifestations pour marquer cette journée particulière.

 

Pour la CICAD, regarder l’histoire telle qu’elle s’est déroulée fut l’apanage de ceux qui contribuèrent à la Commission Bergier. Le fruit de leurs travaux permit de faire un bond en avant dans la connaissance des faits qui ont marqué l’histoire de notre pays durant la Seconde Guerre mondiale, et ce, au-delà des positions partisanes. S’évertuer à vouloir exclure des manuels scolaires les résultats des travaux de ces historiens est une insulte faite aux victimes. Une insulte à notre histoire collective. La Suisse a connu des heures sombres et il nous appartient d’en tirer les leçons en intégrant les faits tels qu’ils se sont déroulés.

 

Parallèlement, nous nous devons d’honorer celles et ceux qui choisirent d’apporter leur aide, parfois au péril de leur vie, à tous ces juifs qui cherchèrent un refuge en Suisse afin d’échapper à leur extermination programmée. Nous considérons qu’il est fondamental que nos écoles enseignent l’histoire de la Suisse durant la Seconde guerre mondiale, tant pour mettre en exergue les choix politiques qui condamnèrent des Juifs à une mort certaine que pour réhabiliter de véritables héros de la nation que sont « Les Justes ». C’est dans cette optique que la CICAD a édité un ouvrage qui leur est consacré.

 

 

La CICAD souhaite que ce message soit entendu par l’ensemble de la classe politique pour que cesse l’entêtement de certains à vouloir exclure de l’enseignement de l’histoire cette sombre période, telle qu’elle s’est aussi déroulée dans notre pays.

 

Education et pédagogie

Pour mémoire, la CICAD œuvre de diverses manières pour transmettre l'histoire et la mémoire de la Shoah, en éditant et en diffusant gracieusement de nombreux ouvrages éducatifs et pédagogiques dans les établissements scolaires (voir matériel pédagogique à disposition en annexe), ou en ayant permis à près de deux milles personnes en 10 ans de découvrir le processus d’extermination mis en place par le régime nazi, sur le camp d’Auschwitz-Birkenau.

 

En 2008, la CICAD dédiait la journée du 27 janvier aux Justes parmi les Nations. La Suisse compte plus d’une soixantaine de Justes ; leurs actes héroïques méritaient d'être mieux connus, salués et médités. A cette occasion, la CICAD annonçait la sortie d’un ouvrage leur étant consacré, intitulé Les Justes suisses : Des Actes de courage méconnus au temps de la Shoah. Une publication diffusée à plusieurs milliers d’exemplaires dans les établissements scolaires de Suisse.

 

Deux ans plus tard, la CICAD consacrait la journée du 27 janvier et les jours suivants aux témoignages des rescapés. Cet événement exceptionnel intitulé Ressentir l’indiciblemettait à l’honneur les rescapés des camps, dont les témoignages se font Histoire vivante. Une exposition qui a accueilli 1500 élèves et enseignants.

 

Le travail de mémoire nous conduit à commémorer cette date du 27 janvier à la fois pour rendre un hommage à toutes les victimes disparues sans avoir de tombes, et aussi pour demander au monde de retenir les leçons de la Shoah. La CICAD se doit d’entretenir cette mémoire et de la transmettre.

 

Matériel pédagogique à disposition :

- « Des récits contre l’oubli - Mémoires croisées : des rescapés témoignent », film produit par la CICAD en 2010 ;

- LesJustes suisses : des actes de courage méconnus au temps de la Shoah, ouvrage de François Wisard édité

par la CICAD en 2007 ;

- Auschwitz : pour ne jamais oublier…, film édité par la CICAD en 2005 ;

- Auschwitz, brochure de Sabine Zeitoun, éditée par la CICAD en 2004 :

Source : CICAD, AP, La Tribune de Genève, Kipa-Apic– Mercredi 26 janvier 2011

 

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2. Johanne Gurfinkiel, Secrétaire général de la CICAD, était l’invité de Pascal Décaillet dans « Genève à chaud » sur « Léman Bleu » hier soir, afin de parler de la Journée internationale dédiée à la mémoire de l'Holocauste et à la prévention des crimes contre l'humanité. (à partir de 21’47’’)

A l’occasion de cette journée, M. Gurfinkiel souligne que les fameux rapports de la Commission Bergier devraient mieux être intégrés dans les manuels et les brochures d’histoire en Suisse. Aujourd’hui, leur prise en compte relève en effet d’un travail personnel de l’enseignant. Parfois du canton. C’est le cas à Genève grâce à Monsieur Charles Beer qui est très sensible à la question de la prévention des crimes contre l’Humanité et des génocides. « Mais entre les cantons, il y a de véritables disparités » regrette Johanne Gurfinkiel.

 

N’est-il pas délicat, s’interroge alors Pascal Décaillet, que le monde politique ou associatif vienne dire aux historiens ce qu’ils doivent mettre dans les manuels ? Pour Johanne Gurfinkiel, ce problème n’en est pas un car la CICAD est en phase avec les historiens. Preuve en est avec l’historien Charles Heimberg qui a récemment relevé qu’il y avait effectivement un problème au niveau des manuels scolaires d’Histoire en Suisse. Il estime que ces derniers sont basés sur une analyse historique ancienne et ne tiennent pas compte des rapports Bergier. La CICAD intervient comme un soutien aux enseignants

 

Fort heureusement, l’Histoire suisse n’est pas seulement noire et des Justes ont eu un comportement héroïque pendant la Seconde Guerre mondiale. « La CICAD a édité un ouvrage de l’historien François Wisard qui a écrit sur les Justes de Suisse. Il recense plus d’une soixantaine de Justes » explique Johanne Gurfinkiel. Cet ouvrage est aujourd’hui proposé à l’ensemble des écoles romandes comme un outil d’appui dans le cadre de l’enseignement de la Seconde Guerre mondiale. La CICAD ne souhaite donc absolument pas mettre la Suisse à l’indexe. Elle est au contraire heureuse, quand cela est le cas, de pouvoir rendre hommage à l’héroïsme de certains qui, pendant la guerre, ont agi avec beaucoup de courage.

 

Parallèlement à cette question, il y a les voyages à Auschwitz destinés aux enseignants de Suisse romande mais auxquels les élèves montrent un intérêt certain. « Nous sommes d’ailleurs très vite passés d’une vingtaine d’élèves il y a deux ans, à quatre-vingt l’année dernière » se réjouit Johanne Gurfinkiel. Jusqu’ici, les élèves, âgés au minimum de 16 ans et tous volontaires, étaient issus d’écoles privés. Le voyage sera proposé aux écoles publiques qui ont démontré un vif intérêt. « Les élèves veulent s’associer à la mémoire de ces événements et découvrir cette partie de l’Histoire » relève avec satisfaction le Secrétaire général.

 

Dans quel état d’esprit se trouvent les élèves lorsqu’ils arrivent à Auschwitz-Birkenau, l’un des plus terribles camps de concentration et d’extermination ? demande Pascal Décaillet.

« Il n’est pas question de choquer qui que ce soit », rassure Johanne Gurfinkiel. « La démarche est éducative et pédagogique ». Des rescapés et les enseignants préparent le voyage avec les élèves puis les accompagnent lors de celui-ci. « Il y a une part de curiosité » reconnait Johanne Gurfinkiel. Qu’est-ce qu’un camp d’extermination ? A quoi cela ressemble-t-il ? Mais, selon lui, il y a ensuite une remise en question chez chaque participant. Le voyage semble éveiller quelque chose. Le but de cette journée du 27 janvier est d’ailleurs le même. Apporter à la fois cette connaissance de la réalité des faits mais aussi éveiller à la question des génocides et des crimes contre l’humanité. Une question qui n’est pas obsolète. « Il y a eu la Seconde Guerre mondiale et la Shoah mais d’autres génocides ont été perpétrés depuis » constate le Secrétaire général. Le Département de l’instruction publique organise d’ailleurs une soirée sur la Shoah, le génocide rwandais et arménien à l’occasion du 27 janvier. Tout comme l’ONU. Le génocide est toujours d’actualité, déplore Johanne Gurfinkiel. Raison pour laquelle, dit-il, il faut en permanence éveiller les esprits sur cette question.

 

Source : Léman Bleu – Mercredi 26 janvier 2011

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