May

06

2013

«II m'a dit que les Africains ne sont pas les bienvenus»

Lausanne. Un Suisse d'origine éthiopienne et son copain nigérian sont indignés par l'accueil qui leur a été réservé, récemment, au club Buzz.

«Un agent de sécurité nous a dit qu'il y avait trop de monde, mais, bien qu'arrivés après nous, les gens ont pu entrer. Il a fini par me dire que les Africains n'étaient pas les bienvenus au Buzz, car ce sont des dealers et ils perturbent la vie nocturne.» Après avoir vécu pour la seconde fois en six mois ce qu'il considère comme du «racisme primaire» dans un bar-dancing lausannois, Semir Berhe a décidé de se confier à la presse. Le 21 avril, ce Suisse d'origine éthiopienne s'est rendu dans le club de la rue Enning en compagnie d'un ami nigérian, doctorant en droit à l'Unil.

Etudiant en HES et clubber lausannois, Semir Berhe dénonce une différence de traitement des clients basée sur des critères raciaux. «Le portier a tout fait pour m'énerver, Il m'a même violemment bousculé, mais je suis resté calme», assure le Nigérian. «En tant que futur avocat, je sais que je ne dois pas utiliser la force, mais je ne peux que dénoncer ce délit de faciès», poursuit-il.

Patron du Buzz, Sébastien Kummer se dit surpris, «En dix ans, c'est la première plainte de ce genre. Nous avons du personnel et des clients africains. Pour moi, il ne peut s'agir que d'un amalgame malheureux. Je suis prêt à sévir contre la personne accusée si tout ça s'avère fondé.» Le Code pénal prévoit jusqu'à 3 ans de prison ou une peine pécuniaire pour discrimination raciale, ethnique ou religieuse.

J'ai testé pour vous

Les accusations des deux étudiants africains sont-elles fondées? Je me suis rendu au Buzz, dans la nuit de samedi à dimanche, avec un compatriote sénégalais. L'entrée nous a été refusée. Selon les deux portiers, il fallait une invitation. Or, d'autres personnes ont pu accéder au club sans aucune vérification.

Alors que je demandais des explications, un agent m'a bousculé brutalement avant de me donner un coup de pied au tibia. Furax parce que j'avais pris une photo de l'établissement, il m'a frappé à la nuque. «Je vais te démonter», a-t-il lancé, hors de lui.

Source: 20minutes.ch, 6 mai 2013

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