Marxisme et antisémitisme

Pour la théorie marxiste, la fin de l'oppression des Juifs va de pair avec l'assimilation et la disparition pure et simple du judaïsme.

 

Marx est né dans une famille juive allemande et a été converti au protestantisme à l'âge de 6 ans. En 1844, il publie Sur la question juive, un livre nourri d'antijudaïsme qui témoigne de l'influence de la philosophie allemande sur sa pensée, ainsi que de la volonté de se libérer de ses origines.

 

A son tour, le marxisme réduit la spécificité de l'identité juive à une fonction économique dans la société : le Juif est figé dans le stéréotype du commerçant, de l'amateur d'argent*. De son côté, Engels considère l'antisémitisme comme une arme de propagande de la classe bourgeoise pour détourner les masses ouvrières du sentiment anticapitaliste. En suscitant, parmi les ouvriers, de l'hostilité envers les Juifs, les classes bourgeoises évitent que les revendications ouvrières ne soient dirigées contre elles. Selon lui, l'antisémitisme devrait être absent des sociétés industrielles avancées (ce qui n'était pas le cas en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis*).

 

Le progrès de l'humanité, qui passe par l'assimilation, en gommant les spécificités et les différences, réglerait donc la "question juive", considérée comme une "anomalie sociale". Toutes les minorités devraient ensuite se fondre dans une internationale socialiste, vue à la fois comme une nouvelle famille et une nouvelle identité.

 

Le marxisme ignore la dimension religieuse et nationale lorsqu'il réduit la minorité juive à une caste de commerçants. En cela, il s'inspire des clichés antisémites ancrés dans la bourgeoisie chrétienne contre laquelle il se bat.

 

 

Robert MISRAHI : Marx et la question juive, Paris, Gallimard, 1972.
Enzo TRAVERSO : Les Marxistes et la question juive, Paris, Kimé, 1997.

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