Les pogroms russes (1881-1906)

Au XIXe siècle, la communauté juive la plus importante du monde se trouve dans l'Empire russe avec cinq millions de Juifs. Ces derniers vivent d'artisanat et de petites industries (textile, commerce, usines).

 

Au début des années 1880, une commission gouvernementale relève que 90 % des Juifs constituent une masse indigente menant une existence misérable. Ils se voient appliquer 650 "lois d'exception" qui restreignent leurs libertés et leurs droits. Entre 1881 et 1889, des campagnes antisémites, orchestrées par le pouvoir, accusent les Juifs de toutes les tensions sociales : dans 26 localités, on signale des violences contre les Juifs, suite à l'instabilité politique résultant de l'assassinat du tsar Alexandre II par une organisation révolutionnaire. Les Juifs émigrent massivement vers les Etats-Unis.

 

Pour identifier ces violences, un nouveau mot s'affirme : pogrom, un terme russe qui décrit habituellement une "destruction", mais qui signifie aussi le tonnerre, la furie et l'anéantissement de l'ennemi.

 

Entre 1902 et 1906, l'agitation révolutionnaire engendre, dans 21 villes, de nouveaux déferlements antisémites. L'éveil nationaliste des Juifs les pousse à émigrer vers la Palestine.

 

C'est le 6 avril 1903 à Kichinev que se produit le pogrom le plus sanglant et le plus tristement célèbre en Europe : une jeune fille chrétienne se suicide et la presse, proche du gouvernement, en rend aussitôt responsable son employeur juif. Pendant deux jours, la foule déchaînée tue, blesse, viole, torture, saccage et profane. Bilan : 50 morts, 100 blessés et un millier de maisons détruites.

 

Ce schéma s'est reproduit à maintes reprises. C'est cet état d'esprit, en quête de boucs émissaires qui a favorisé la publication et la diffusion des Protocoles des Sages de Sion*.

 

 

Renée NEHER : Histoire juive, vol. II (XIXe siècle), Paris, Klincksieck, 1971.
Pogroms : Anti-Jewish Violence in Modern Russian History, Cambridge Univ. Press, 1992.

CICAD en action

  • Plus de 20 ans d’actions

    La CICAD se préoccupe des menaces qui pèsent sur les Communautés juives. Prévenir, conseiller et agir : 3 mots d’ordre contre un même fléau.